La CGT, c’est nous, c’est ELLES !

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La CGT, c’est nous, c’est ELLES !


Le 7 février dernier, 200 militantes et militants de la CGT participaient à l’initiative confédérale sur l’égalité professionnelle à Montreuil.

Une journée riche en témoignages des luttes féminines, mais aussi d’une réfl exion sans tabou sur la place des femmes dans la CGT.
Fais ce que je dis et ne fait pas ce que je fais ! À la CGT, on a eff ectivement décidé de traiter la question de la place des femmes dans nos organisations de façon objective, avec comme indicateur important une évolution de la part des femmes syndiquées passant de 35 % en 2015 à 38 % en 2018.
La part des femmes dans les nouvelles adhésions a augmenté de 4 points pour atteindre la barre de 49 %, soit quasiment une adhésion sur deux.

Pour autant, la syndicalisation des femmes à la CGT est toujours inférieure de 10 points à leur présence sur le marché du travail et à la parité.
Au niveau de leur représentation au sein des commissions exécutives et des bureaux fédéraux, la part des femmes augmente légèrement pour dépasser un tiers.
Une moyenne qui masque néanmoins de fortes disparités entre les fédérations à dominante féminine, comme le commerce ou la santé, et celles à dominante masculine.

La conclusion de ce rapport de situation comparée entre les femmes et les hommes de la CGT confi rme que l’égalité est encore loin d’être acquise même si des progrès sont enregistrés.
Il faut donc poursuivre dans ce sens et renforcer l’impulsion en matière d’égalité femmes / hommes à tous les niveaux de l’organisation.

La journée confédérale s’est poursuivie avec des témoignages, parfois durs, de situation d’inégalités, émanant de militantes.
Le collectif femmes-mixité a ensuite présenté les outils pour l’égalité dans la CGT et au travail.
Site Internet dédié, brochures, autant d’outils à la disposition de nos militant.e.s pour repérer et anticiper les situations posant des problèmes.

Du côté du législateur, de nouveaux outils sont également créés pour lutter contre les inégalités.

Petites et grandes entreprises sont concernées avec l’obligation, dès 2019, de mettre en place un index de l’égalité.
L’objectif affi ché par le gouvernement est d’en finir avec les écarts injustifi és de salaires entre les femmes et les hommes.

Pour cela, les entreprises devront désormais être tenues à une véritable obligation de résultat en matière d’égalité.
Ce plan s’articule en plusieurs points :
• Une mesure : l’index de l’égalité femmes / hommes avec 5 indicateurs.
• Une transparence : chaque entreprise publiera ses résultats sur son site.
• Cinq actions correctives : chaque entreprise aura 3 ans pour eff ectuer le rattrapage salarial.
• Un contrôle : les entreprises qui n’auraient pas réalisé le rattrapage dans 3 ans pourraient être sanctionnées jusqu’à 1 % du montant de leur masse salariale.

La journée s’est ensuite poursuivie par la restitution de la consultation en ligne lancée par le collectif femmes-mixité auprès de femmes syndiquées ou non.
Cette consultation totalement inédite a permis de collecter près de 10 000 réponses, dont 7 500 questionnaires entièrement complétés.
65 % des femmes ont d’abord fait part des diffi cultés rencontrées en matière de conditions de travail.
C’est ensuite à des situations de sexisme ou de violences sexistes au travail que 6 femmes sur 10 ont indiqué subir.

Autre résultat de cette consultation, pour les femmes syndiquées ou non syndiquées, les préoccupations les plus importantes qui ressortent des réponses sont dans l’ordre d’importance :
• L’égalité professionnelle.
• La revalorisation des emplois à prédominance féminine.
• L’environnement non sexiste.
En ce qui concerne leur regard sur la CGT, seules 44 % considèrent que c’est une organisation féministe.
Malgré cela, les femmes interrogées seraient très majoritairement prêtes à s’engager dans l’action sur la question de l’égalité professionnelle.

Une conclusion qui a constitué une parfaite transition avec le témoignage de la délégation espagnole invitée pour parler des luttes importantes qui ont porté sur l’égalité professionnelle.
Dans un pays encore largement dominé par le machisme, les deux organisations, CCOO et UGT, ont expliqué comment elles avaient pu mobiliser près de 6 millions de citoyen.ne.s sur la question des violences faites aux femmes et à leur place dans la société.

La journée s’est enfi n conclue par les témoignages de militantes issues de secteurs à forte prédominance féminine.
Elles sont hôtesses d’accueil, salariées de la sous traitance dans l’hôtellerie, elles travaillent dans des EHPAD, le constat est partout le même, surexploitation, bas salaires et absence de reconnaissance de leurs métiers.

ZOOM sur le confl it des « Gilets Roses », des Assistantes Maternelles en colère !

Elles étaient cinq, habitantes de la Gironde, lorsqu’elles ont créé leur groupe de discussion Facebook « Gilets Roses, Assistantes maternelles en colère. »
En seulement quelques semaines, le groupe est passé à 4 000 membres, puis 6 000, pour culminer à 10 500.

Contrairement aux multiples revendications portées par les gilets jaunes, les assistantes maternelles ont décidé de se mobiliser autour d’une revendication très précise, la réforme de l’assurance chômage.
En novembre 2018, le gouvernement a en eff et demandé aux partenaires sociaux de réouvrir des négociations dans une lettre de cadrage où il exigeait des organisations professionnelles et syndicales de réaliser près de 4 milliards d’économie sur les trois années à venir.
La lettre de cadrage allait même plus loin en précisant quelles étaient les mesures qui pourraient permettre la réalisation de telles économies.

Pour les assistantes maternelles, c’est l’indemnité dite de complément d’activité qui était directement visée par le Premier Ministre.
Les Assmats ont eff ectivement jusqu’à quatre employeurs diff érents, ce qui permet de leur assurer un revenu proche du SMIC. La perte d’un ou deux contrats est hélas très fréquente lors de la scolarisation des enfants ou lorsque les parents employeurs obtiennent une place en crèche.

Le dispositif de complément d’activité leur permettait de limiter la précarité inhérente aux fl uctuations de leur nombre de contrats en leur garantissant entre 57 et 75 % du salaire de l’activité perdue.
Selon les chiff rages réalisés par les services de l’UNEDIC, une économie de 100 millions d’euros pourrait être réalisée en revoyant le mode de calcul de ce complément d’activité à la baisse.

Pour les assistantes maternelles, le choc est rude puisqu’une telle mesure entraînerait une baisse d’indemnisation allant de 40 à 250 euros par mois pour les périodes où elles ont moins d’enfants en accueil.

De quoi voir rouge, ou tout au moins rose, et se lancer dans une démarche totalement inédite.

Forte du nombre de professionnelles intéressées par ce dossier et prêtes à lutter pour conserver leurs droits, elles contactent la CGT et Force Ouvrière, deux syndicats qu’elles ont identifiés comme des organisations combatives et à même de les soutenir dans leur combat.
Malgré quelques hésitations venant de deux mondes qui ne se connaissent pas, d’interrogations sur ces nouvelles formes de mobilisation par le biais des réseaux sociaux, la mobilisation s’organise rapidement.
En quelques jours seulement, il est décidé de l’organisation de 29 rassemblements partout en France.

Les revendications s’affinent et partant du problème spécifique de la baisse de l’indemnisation des assistantes maternelles, c’est l’annulation de l’entier projet de réforme qui fait l’objet d’un appel à manifester le 2 février 2019.
Cette première mobilisation a été un véritable succès avec près de 1 500 Assistantes maternelles mobilisées sur les points de rassemblement.

Une première dans ce secteur professionnel peut habitué à l’action collective et très majoritairement représenté par des syndicats professionnels.
En lien avec la Fédération des Services Publics, les comités CGT de précaires et privés d’emploi, notre Fédération a organisé la logistique de ces manifestations avec nos unions départementales qui, il faut le souligner, ont été particulièrement réactives et ouvertes à l’accueil de ces salariées non syndiquées.

Les négociations sur l’assurance chômage étant dans l’impasse suite au refus total du MEDEF d’appliquer une surcotisation aux entreprises qui abusent des contrats courts et forte du succès de leur première mobilisation, les assistantes maternelles ont donc décidé de poursuivre leur mobilisation en organisant de nouveaux rassemblements le 9 mars prochain, dans le prolongement de la journée internationale des droits de la femme.

Une prise de conscience de l’utilité de l’action collective étonnante et rapide qui doit nous interpeller sur ces nouveaux modes d’organisation.

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