La Fédération CGT Commerce et Services active au-delà de nos frontières…

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La Fédération CGT Commerce et Services active au-delà de nos frontières…


EN OUZBEKISTAN

La Fédération a été invitée à participer au Conseil de la Confédération des syndicats du commerce et de la restauration, le KPT, qui s’est tenu le 18 juin 2019, à Tachkent en Ouzbékistan.
étaient également présents à ce conseil, des délégations de plusieurs syndicats des pays de la Communauté des états Indépendants.
La Communauté des États Indépendants (CEI), parfois également appelée Confédération des États Indépendants, est une entité intergouvernementale composée de 9 des 15 anciennes républiques soviétiques.
Parmi les délégations de cette communauté, étaient présents les camarades de l’Azerbaïdjan, de la Biélorussie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Moldavie, du Tadjikistan, mais aussi de la Lituanie et de l’Ukraine, ainsi que de l’organisation hôte de l’Ouzbékistan et nos camarades organisateurs de Russie, le KPT.

Le syndicalisme international ne doit pas seulement surmonter la barrière de la langue, qui est levée grâce aux interprètes, mais également les obstacles liés à la compréhension du mode de fonctionnement des camarades syndicalistes du pays accueillant.
Notamment lorsque nous traversons les frontières européennes.
Nous avons été eccueillis chaleureusement et fraternellement par nos camarades ouzbèkes, qui étaient impatients de nous faire découvrir leur monde, leur pays, leur histoire.

Fraîchement indépendants du joug russe, le peuple ouzbèke tente de recouvrir une identité, car tout au long de son histoire, le territoire de l’actuel Ouzbékistan fut la plupart du temps dominé par les grands empires environnants des Turcs, Perses, Grecs, Arabes, Mongols et dernièrement Russes pour devenir un État à part entière en 1991, après la chute du bloc soviétique.
Cet aspect historique, loin d’être anecdotique, nous aide à comprendre nos différences de conception du syndicalisme.
Lors du conseil, les camarades ouzbèques, tout comme les camarades de la Communauté des états Indépendants, avaient comme une des principales préoccupations le bien-être des travailleurs et de leur famille en dehors du travail.
Des échanges sont engagés sur les colonies de vacances des enfants de travailleurs ou des sanatoriums qui sont à la fois de grands hôtels en pleine nature, des lieux de cure, des maisons de retraite.
Ils restent les seuls lieux de repos accessibles aux moins fortunés, car près de la moitié des 2 500 établissements qui subsistent sont encore aux mains de l’état ou des collectivités locales.

Dans un contexte social houleux qui est le nôtre actuellement en France, il pourrait nous apparaître que ce genre de préoccupations soient en décalage avec des revendications de plein emploi, de salaires et d’un départ à la retraite à 60 ans à taux plein, mais après tout, une de nos premières luttes gagnantes n’était-elle pas l’obtention des congés payés en 1936 ?

Remis dans le contexte de l’histoire du pays, on se rend bien compte qu’un « syndicalisme patriotique » prend le pas sur un syndicalisme de lutte de classe tel que nous l’entendons.
Il n’est évidemment pas à propos pour nous d’en tirer une quelconque conclusion ni jugement.

La question de la retraite a également été traitée assez longuement lors de ce conseil, où chaque camarade des différents pays a pu faire état de la situation des retraités.
Les retraités constituent 19 % de la population de la Communauté des états Indépendants, sachant qu’une population est considérée « âgée » dès lors que le pourcentage de retraités dépasse les 12%.
L’âge de la retraite, qui stagne dans ces pays, varie de 55 ans pour les femmes (en Ouzbékistan) à 63 ans (Arménie), et de 60 ans pour les hommes (Ouzbékistan et Kazakhstan) à 65 ans (Russie).
L’on remarquera un point commun à ces états : un âge de départ à la retraite différencié en fonction du sexe, des pensions de retraite ne permettant pas de vivre décemment et dignement et des prévisions d’âge de départ qui reculent de plus en plus (par exemple, pour l’Ouzbékistan, l’âge de départ sera porté à 58 ans pour les femmes et 63 pour les hommes).

Pour les camarades ukrainiens, la question de la retraite se pose sur les conditions de travail jusqu’au départ en retraite plutôt que sur un âge fixe de départ.

Quant aux camarades du pays hôte, par la voix du président du syndicat des employés du commerce et des services, Mukhamedov Ulugbek Ziyadullaevich, leur stratégie revendicative tient au fait d’amener de plus en plus d’investisseurs étrangers, de réduire le rôle de l’état dans la régulation sociale et économique et de favoriser l’auto-entreprenariat.
Gardons nous encore une fois de notre tendance à calquer notre vision de l’auto-entreprenariat, qui ici connote un véritable libéralisme qui entrave les droits fondamentaux et la protection sociale des travailleurs, avec celle du pays qui reflète une véritable volonté de voir le pays prendre sa place sur la scène internationale.
En se focalisant sur le développement économique du pays, ils fondent leurs espoirs sur une ouverture du marché du travail aux publics les plus marginalisés aujourd’hui, à savoir les jeunes et les femmes.
Fort de ses 12 000 adhérents, le syndicat entend prendre des mesures pour renforcer son nombre d’adhérents, multiplier les accords collectifs et protéger leurs droits.

à l’issue de cette rencontre, notre Fédération a interpelé le syndicat russe KPT ainsi que le président Ulugbek pour les inviter à participer à notre prochaine conférence internationale, et au-delà, à participer à une initiative de plus grande envergure ciblant la grande distribution.

L’internationalisme doit composer avec les Histoires de chaque pays, ses préoccupations, ses revendications, le plus important étant d’en tirer des points convergents et faire émerger une solidarité revendicative, mais surtout une réelle fraternité, le dénominateur commun à tous les syndiqués du monde entier.


EN GRECE

Tout autre décor, tout autre contexte : Athènes où se trouve, rappelons-le, le siège de la FSM.
Une rencontre a été organisée entre notre Fédération et la FSM, suite à notre récente adhésion, pour établir des relations de travail pérennes, en lien avec toutes les organisations syndicales du monde entier, adhérentes à la FSM, et en déterminer surtout les modalités.
Mais le but principal de cette rencontre est d’organiser d’ici la fin de l’année, une conférence internationale, en France, et qui regrouperait une quarantaine de pays.

Loin d’être une fin en soi, il s’agira lors de cette conférence, dans un premier temps, de faire un tour d’horizon des problématiques rencontrées dans chaque pays dans le secteur du commerce, un secteur très sinistré en termes de qualité d’emploi, de conditions de travail et de répression syndicale.
Dans un second temps, il nous faudra faire émerger des points revendicatifs communs à tous les pays pour aboutir à une riposte globale, qui feraient écho au même moment pour faire entendre la voix de tous les travailleurs, en ciblant les grands groupes de la grande distribution.

La tâche n’est pas simple certes : les premiers échanges avec des camarades de Chypre, de la République Tchèque, d’Espagne et du syndicat grec PAME, nous montrent à quel point les grands groupes tablent sur une division des travailleurs en appliquant selon les pays, des mesures anti-sociales différentes, en fonction des limites juridiques des pays, de l’avancée des nouvelles technologies et de la force syndicale en présence.
Notre vision internationaliste doit impérativement rapprocher les peuples autour d’objectifs communs, tout en prenant en considération les difficultés de chaque pays.
L’homogénéisation des droits par le haut doit être notre préoccupation première.
Un vœu pieux ?
Non, à condition de nous en donner les moyens, d’où l’intérêt de notre prochaine conférence internationale.

Lors de notre passage à Athènes, il nous a été donné l’occasion de rencontrer les camarades de l’UD du Pirée, qui est le principal port d’Athènes.
Il est aussi le premier port et le principal centre industriel de Grèce.
Le secrétaire général de l’UD nous retrace l’histoire du port et son rôle dans la prise de conscience de la lutte des classes dès le 19ème siècle.
C’est dans ce port que s’est construit et enraciné le syndicat.
Fondés en 1910, ces syndicats professionnels sont toujours actifs aujourd’hui.
Il faudra attendre 1918 pour que soit fondée la Confédération Générale du Travail Grec, l’UD du Pirée en étant un membre fondateur (qui elle a été fondée en 1912).
C’est également en ce lieu que s’est déroulé le congrès qui a abouti à la création du syndicat PAME.

Le Pirée se trouve dans l’épicentre des intérêts capitalistiques, où tous les grands groupes sont présents.
Ce port regroupe 150 000 travailleurs de différents secteurs, des emplois précaires surtout, flexibles, sans CCN.
Mais c’est aussi un lieu de fort chômage avec des taux atteignant 90 % dans certains quartiers.

Dans ce lieu stratégique de Grèce, l’UD compte 120 syndicats tous secteurs confondus.
C’est la plus grosse UD du pays.
Cette puissance lui confère une force indéniable dans la lutte et la conquête de nouveaux droits, dont elle a déjà fait preuve par le passé, récemment et fera preuve dans un futur proche.
Les réformes anti-populaires menacent cette partie du pays d’embrasement, obligeant l’UD à faire converger les luttes et les organiser pour faire aboutir les revendications.

Il sera rappelé, lors de cette enrichissante rencontre, que la solidarité internationale est plus que jamais de mise.
Lors des discussions, il a été acté que le Secrétaire Général de la FSM, George Mavrikos, participera au débat sur la conception du syndicalisme international sur le stand de la Fédération pendant la Fête de l’Humanité, du 13 au 15 septembre 2019.

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