Fête de l’Humanité 2019 : retours sur nos débats

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Fête de l’Humanité 2019 : retours sur nos débats


Une nouvelle fois, la Fédération CGT Commerce et Services était présente à la Fête de l’Humanité, les 13, 14 et 15 septembre 2019. Moment particulier de solidarité et de fraternité, nous en avons profiter pour organiser trois débats sur notre stand : sur les services à la personne, le syndicalisme international et les luttes victorieuses.

DÉBAT SUR L’AVENIR DE LA PROTECTION SOCIALE DANS LE SECTEUR DES SERVICES À LA PERSONNE

Pour ce premier débat organisé par la Fédération sur son stand de la Fête de l’Humanité, nous avons échangé sur l’avenir de notre protection sociale.

Pour Denis GRAVOUIL, secrétaire de la Fédération CGT du Spectacle et chef de fi le de la délégation CGT lors de la négociation de l’assurance chômage, le décret modifiant les règles d’indemnisation des précaires et privés d’emploi est une catastrophe.

Ce sont plus d’un million de bénéficiaires qui vont voir leurs droits diminués, voire supprimés.

Pour Denis, la lutte est loin d’être terminée et c’est avec détermination que toute la CGT doit s’engager dans un véritable travail de reconquête de l’assurance chômage.

Du côté des comités de précaires et de privés d’emploi CGT, la détermination s’affiche à l’identique, on ne choisit pas la précarité par plaisir explique Ludovic MOURAULT.

Interrogé sur la taxation des contrats courts pour les entreprises, Denis GRAVOUIL explique que cette mesure est nettement insuffisante pour éviter les abus constatés dans de nombreuses branches professionnelles.

L’essentiel des économies qui vont être réalisées le seront donc sur le dos des salariés précaires et privés d’emploi, une tranche du salariat très présente au sein des champs professionnels de notre Fédération.

Isabelle et Patricia, Assistantes Maternelles et responsables de leur syndicat CGT des Landes abondent dans ce sens et expliquent comment s’est organisée leur lutte autour du mouvement des gilets roses. Jamais la profession n’avait connu une telle mobilisation avec des dizaines de rassemblements et 6 mois passés à défiler, manifester, mais aussi à interpeller les élus politiques locaux pour faire entendre leur voix.

Si elles ont réussi à préserver leur système d’indemnisation pour « activité réduite » qui était dans le collimateur du gouvernement, elles regrettent néanmoins que la réforme soit passée et se disent prêtes à poursuivre les mobilisations, notamment sur la question des retraites.

Une parfaite transition pour Patrick ROUZIERES, militant dans les Yvelines et retraité du commerce, qui va lancer un poignant appel à se mobiliser contre le projet de réforme des retraites.

Régime par points aggravant les inégalités, âge pivot, suppression des régimes « spéciaux », pour Patrick, le gouvernement fait disparaître toutes les avancées construites par le conseil national de la résistance. « C’est bien notre modèle social qu’ils veulent éliminer » s’indigne Patrick !

Le débat s’est clos sur un appel à rejoindre les manifestations interprofessionnelles du 24 septembre et sur la nécessité d’apporter notre éclairage syndical sur la remise en cause de notre système de protection sociale solidaire.

DÉBAT SUR LE SYNDICALISME INTERNATIONAL

Depuis 5 ans, notre Fédération a fait du syndicalisme international un enjeu et une priorité. Les grands groupes du commerce adoptent une stratégie mondiale pour créer plus de précarité et surtout verser plus de dividendes pour leurs actionnaires au détriment des travailleurs qui sont les créateurs de richesses ; le massacre social que nous vivons en France est presque identique à ceux vécus par d’autre pays : fermetures de magasins, travail de nuit pour certains pays et ouverture 7 jours sur 7, le temps partiel imposé, notamment aux femmes.

Il est urgent d’apporter une réponse mondiale face à ces attaques du capitalisme et du patronat ; nous avons besoin de réfléchir et d’adopter nous aussi une stratégie de luttes qui dépasse largement nos frontières pour mieux comprendre et appréhender la question du rôle du syndicalisme international. La Fédération a décidé d’organiser le samedi 14 septembre 2019 un débat ayant pour thème « Quelle conception du syndicalisme international ? » au stand de la Fédération CGT Commerce et Services à la Fête de l’Humanité, avec la participation du secrétaire général de la FSM George MAVRIKOS. Lors du débat, George MAVRIKOS nous a présenté l’historique de la FSM (le premier secrétaire général de la FSM élu lors du premier congrès en octobre 1935 et jusqu’en 1968 était Louis Saillant de la Fédération CGT du Bois et membre du bureau confédéral), sa conception du syndicalisme international et surtout l’évolution du travail à travers le monde. Effectivement, il existe plusieurs organisations syndicales mondiales et chacune d’entre elle a sa propre orientation. Pour la FSM, le message est clair, il y a aujourd’hui plus que jamais une lutte de classes, George MAVRIKOS l’a rappelé, dans une barricade il y a deux côtés et la FSM a choisi le côté des travailleurs qui luttent dans chaque pays. Le débat a été très riche et sans filtre, plusieurs questions ont émané de la salle, une parmi d’autres : le soi-disant soutient de la FSM à des pays comme la Syrie ou l’Iran. Il a été rappelé que la FSM ne soutient aucun gouvernement, par contre elle soutient la volonté des peuples à l’instar de ce qui se passe au Venezuela où le peuple a choisi son président Nicolas Maduro. Pour le président Donald Trump, président du libéralisme, et pour l’Union Européenne, la voix du peule du Venezuela ne compte pas, ils veulent imposer un autre choix en infligeant des sanctions et en mettant le Venezuela sous embargo. Même situation à Cuba qui se trouve également sous embargo, et tout cela sous silence des nations unies et des autres organisation syndicales mondiales, certains et certaines cautionnent même tout cela. Une question sur la Palestine a été soulevée : la FSM a réaffirmé son soutien et sa solidarité avec le peuple palestinien. Le syndicat des travailleurs palestiniens est affilié à la FSM.

Il a été rappelé que la FSM est une des organisations syndicales mondiales qui exige la reconnaissance d’un État palestinien ; George MAVRIKOS a précisé que la FSM est du côté des peuples car c’est son ADN, comme elle l’a été lors des dernières mobilisations en France contre les lois Marcon et El Khomri, seule la FSM a apporté son soutien aux travailleurs français.

Nous avons aussi eu l’honneur de recevoir des délégués du Syndicat des Roofers de Los Angeles, premier syndicat américain à adhérer à la FSM depuis les répressions de 1948 ! Leurs prises de parole nous ont permis de mieux comprendre la situation intérieure aux USA, un camarade les a interpelés en leur disant merci pour leur solidarité et leur fraternité et bravo pour leur lutte au quotidien pour défendre les travailleurs, les migrants, les minorités et combattre la politique agressive de Trump : « vous êtes des working class heros. »

Le débat s’est terminé avec l’Internationale reprise par une salle comble. Un moment d’émotion forte et de fraternité.

La solidarité n’a pas de frontières !!

DÉBAT SUR LES LUTTES ET VICTOIRES

Face à la mise en place de logiques d’exploitation toujours plus sournoises dans les magasins et dans les entreprises, il était important pour la Fédération de promouvoir les luttes en mettant en avant les victoires. Ce fut le cas à travers les témoignages des camarades venant de divers secteurs comme la prévention sécurité, l’habillement, les grands magasins, ou le bricolage.

En donnant la parole à ces camarades issus de nos champs professionnels, notre but était de donner corps à cette manifestation de la réalité vivante de classe que sont les grèves et les mobilisations et qui remettent en cause la prééminence du capital sur le travail.

Valoriser l’importance de la lutte est pour notre Fédération essentiel dans la construction d’actions promouvant la défense collective de l’intérêt commun, seule vectrice pour les salariés d’avancées sociales conséquentes.

Avec les salariés, notre Fédération est partie prenante et agissante des luttes sur leurs lieux de travail, de l’évidente nécessité de s’émanciper contre les logiques productivistes mises en avant par le patronat.

Contre la recherche constante du profit à outrance, et ce, quels qu’en soient ses coûts : humains et sociaux, la capacité de résistance du salariat dans les magasins et les entreprises à se mobiliser est plus que réelle. Nous en voulons pour preuve le nombre important d’actions conjointes mises en oeuvre dans les magasins, qui sont relayées plus ou moins fidèlement par les médias.

Nous croyons, comme les salariés qui s’organisent et qui luttent, que la richesse doit appartenir à celles et ceux qui la produisent. En ce sens, prenant en compte que les conditions de travail et de vie des salariés résultent des modes d’organisation mis en place par les entreprises pour remplir leurs objectifs, la lutte de classe, à travers le rapport de force que les salariés vont mettre en place, est déterminante.

Les victoires obtenues par la lutte émanent d’un rapport de force collectif, construit autour de revendications communes à partir de préoccupations issues et exprimées par les salariés eux-mêmes.

Contre une logique patronale s’appuyant sur une représentation du monde salarial voulant que le travail soit considéré comme une marchandise, les salariés s’organisent.

Peu à peu et inexorablement, des solidarités se mettent en place, renforçant l’idée qu’une perspective de lutte victorieuse est possible. Cette aspiration aux changements, à plus de respect dans leur place au sein du processus productif, conduit les salariés à revendiquer et exiger plus de justice en termes de répartition des richesses.

Or, comme nous savons toutes et tous qu’hélas dans le système capitaliste, ce processus est intrinsèquement inégalitaire, sans rapport de force nous ne pouvons rien obtenir : c’est pour cela qu’il est nécessaire de lutter et de s’organiser collectivement.

Les préoccupations liées au pouvoir d’achat et à l’emploi sont prioritaires, contenu de la faiblesse des salaires et de la dégradation des conditions de travail, à un développement des luttes dans les entreprises, se traduisent de manière inédite avec l’émergence de luttes dans certains secteurs d’activités de notre champ fédéral.

Les conquis issus de la lutte sont une réponse collective aux politiques antisociales régressives mises en oeuvre par les patrons et que les différentes réformes gouvernementales néo-libérales, ont accentuées.

Qu’ils soient d’ordres financiers, comme des augmentations substantielles des salaires et des rémunérations, ou sur les conditions de travail, sur le reclassement des salariés aux mêmes fonctions, les statuts, les qualifications, les embauches en CDI des CDD, la mise en place d’actions concrètes pour préserver la santé physique et mentale des salariés en souffrance, ces conquis doivent donc être mis en avant et valorisés.

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