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Le mensuel des syndiqués de la Fédération

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échanges n°391, Juillet-Août 2020 en version PDF


Dans le monde d’avant, les capitalistes s’en donnaient à cœur joie, aidés par un gouvernement à leur botte qui a brûlé le peu de pages qui restait dans le code du travail, qui a dézingué les acquis sociaux, (sécu, retraite, chômage…), qui a détruit la liberté des citoyens, instaurant une dictature minutieusement appliquée par des individus en uniforme, les représentants des forces de l’ordre, ou du désordre... Exécutants, certes, d’une triste besogne.


Puis la Covid-19 est arrivé… Une aubaine pour les patrons ! Le monde s’est arrêté durant 7 semaines. Alors que certains confinés se sont jetés sur les pâtes ou le PQ , d’autres ont fait le plein d’actions. Bonne pioche, acquises pour une bouchée de pain et si on en croit la bourse, aujourd’hui , ça monte , ça monte... La spéculation a du bon.

On pourrait presque adhérer aux idées de certains sur la théorie du complot. Chaque fois qu’une société est arrivée au bout d’un système, il y a eu une guerre. Nous sommes arrivés, en 2020, au bout d’un schéma de société qui s’autodétruit pour permettre l’enrichissement d’une poignée d’individus multimilliardaire. Mondialisation à outrance, destruction massive de l’écosystème, exploitation humaine par l’ultralibéralisme, consommation addictive et démesurée, précarité extrême de la majeure partie de la population. Pour pouvoir repartir sur un autre type de société, une guerre basée sur une arme plus pernicieuse que les bombes se profile : la Covid-19.


Prenons un peu de recul et analysons la situation. Si on regarde de près la stratégie des grandes enseignes aux bons résultats, avant Covid-19, puis la rémunération à 70 % des salariés au chômage partiel, cela ne coûte rien à l’entreprise, un prêt de l’état, une modulation du temps de travail négociée avec des syndicats pervertis, le e-commerce au taquet. Tout bénef ! Et en plus, l’opportunité de pouvoir se débarrasser sans scrupules des magasins jugés peu rentables.


Tout ça en surfant sur les ordonnances Macron, post Covid-19, qui ont réduit les travailleurs à la misère et à l’esclavage sous le régime de la terreur du licenciement. Loin de réaliser cette stratégie immonde, les salariés, eux, sont prêts à donner leurs congés payés, à travailler 60 heures par semaine, à accepter une modulation pour être corvéables aux besoins du patronat et, tout ça, en les remerciant de ne pas l’avoir licencié, heureux de contribuer à une solidarité souhaitée... De quoi ? De qui ?

Cependant, s’ il n’existe pas encore de vaccin contre la Covid-19, n’hésitez pas à vous faire soigner contre le syndrome de Stockholm. Comme l’écrivait Gandhi, « La désobéissance civile devient un devoir sacré quand l’État devient hors-la-loi ou corrompu ».

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Décembre 2015, n°341

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